Christelle Thieffinne a été élue à la tête du syndicat CFE-CGC, lors du 39e congrès de son organisation, à Strasbourg, le 10 juin 2026 ( AFP / ROMEO BOETZLE )
La CFE-CGC s'est dotée mercredi d'une nouvelle présidente, Christelle Thieffinne, au cours de son 39e congrès qui a vu son prédécesseur François Hommeril tirer sa révérence par un discours au vitriol contre l'exécutif.
Christelle Thieffinne, qui était seule candidate, s'inscrit dans la continuité des trois mandats effectués par le président sortant. Cette ingénieure de 54 ans, issue de la Fédération de la métallurgie, a fait l'essentiel de sa carrière chez Thales AVS, sur le site de Vendôme (Loir-et-Cher).
Elle a recueilli les suffrages de 610 délégués du congrès, tandis que 91 se sont abstenus.
"Je veux faire de la CFE-CGC la troisième organisation syndicale de ce pays", a déclaré Christelle Thieffinne à la tribune du congrès, avant le vote sur sa candidature, alors que le syndicat gagne des adhérents, notamment grâce à une part croissante de cadres dans la population active.
Quatrième organisation syndicale française talonnant FO, le syndicat de l'encadrement a le vent en poupe notamment grâce à l'augmentation de la part des cadres dans la population active.
Le nombre d'adhérents est passé de 150.850 en 2018-2019 à 168.098 en 2024, selon la trésorière du syndicat, Farida Karad, qui a noté "une féminisation plus marquée" de l'organisation, alors que la part des stagiaires femmes formées par le syndicat est passée sur la même période de 22% à 33%.
Christelle Thieffinne a dit espérer que son organisation "pourra peser pour éviter d'avoir tout et n'importe quoi" dans les programmes des candidats à la présidentielle en 2027.
Mais elle a indiqué que "si le RN était élu", "on irait à la rencontre d'un tel gouvernement".
"Demain, que ce soit eux ou un autre parti politique, qui venait à tailler notamment dans les droits des salariés ou le droit syndical, ils nous trouveront", a-t-elle affirmé.
Depuis 2023, la nouvelle présidente était secrétaire nationale à la protection sociale de la confédération de l'encadrement. Elle a participé à ce titre en 2025 au conclave sur les retraites. Elle est aussi membre du Conseil d'orientation des retraites et administratrice de l'Agirc-Arrco (retraites complémentaires).
Elle sera secondée par William Viry-Allemoz, l'ancien secrétaire général de la CFE-CGC Energie, qui devient secrétaire général, tandis que Farida Karad, qui vient de la Matmut, reste trésorière.
"Ministres imbéciles"
Avec l'élection de Christelle Thieffinne, trois des cinq syndicats représentatifs au niveau interprofessionnel sont désormais dirigés par des femmes, après les accessions en 2023 de Sophie Binet à la tête de la CGT et Marylise Léon à celle de la CFDT.
Mme Thieffinne a indiqué face à la presse qu'elle resterait comme son prédécesseur attachée à l'unité syndicale, dans le respect des différences de chaque organisation.
"La CFE-CGC sera dans l'intersyndicale, il n'y a aucun doute, aucun mystère sur cette question-là", a-t-elle affirmé aux côtés des autres leaders syndicaux qui ont fait le déplacement jusqu'à Strasbourg pour assister au congrès.
"Je veux remercier Emmanuel Macron et Patrick Martin (président du Medef, NDLR) qui nous soudent", a ironisé Sophie Binet, tandis que Marylise Léon a estimé que l'unité syndicale "peut réconcilier pas mal de citoyens et de citoyennes avec l'action collective".
Dans un discours sur ses dix ans à la tête du syndicat de l'encadrement, François Hommeril s'est livré à une charge virulente contre les responsables politiques et l'exécutif. "Le drame de notre époque est que la politique s'est mise au service des marchés, là où il devait les encadrer, et protéger la société de leur volonté inextinguible de s'étendre à l'infini, le seul horizon admissible de leurs profits", a-t-il dénoncé.
"Puis vint le macronisme, l'apothéose du renoncement", a-t-il poursuivi sous les huées des congressistes, égrainant "la recherche publique abandonnée à ses budgets misérables, le code du travail saccagé, les instances représentatives du personnel démontées".
"J'ai vu des ministres imbéciles, y compris parfois le premier d'entre eux, incapables de rien comprendre de ce à quoi ils sont censés commander", a asséné François Hommeril, longuement applaudi.
Interrogée sur sa propre pugnacité, Christelle Thieffinne a pour sa part assuré qu'elle s'opposerait à de mauvaises décisions politiques, tout en indiquant qu'elle aurait "un vocabulaire ou une façon de (s)'exprimer forcément différente" de son prédécesseur.

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer